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La chapelle Saint Kirio, ou Quirio, ou Kiriou se trouve dans une vallée, en
bordure de prairies, sur un terrain privé, au cœur de zones boisées.
Pour y accéder, se rendre au
hameau Quirio, et ensuite suivre les flèches que voici
.
La balade dans les bois
est agréable.
La chapelle est un édifice de plan rectangulaire à vaisseau unique
construit en pierre de taille de granite en moyen et petit appareil
régulier. Le chevet est plat, le clocher-mur avec chambre de cloches ajourée
coiffée d’une petite flèche.
Le toit est à longs pans sur pignons découverts à crossettes
moulurées.
Elle possède deux portes, l’une à l’Ouest plein cintre et
l’autre, accompagnée d’une fenêtre au Sud. : toutes deux
possèdent des linteaux en anse de
panier. Nous ouvrons cette porte du Sud. L'intérieur ne présente pas de
grandes merveilles. Le sol est en terre battue et on note la présence de la
chaîne qui permet d'actionner la cloche : ça fonctionne.
L'édifice a été rebâti en
1879
par un certain Kerboriou selon l’inscription portée sur le pignon
Ouest « F.
Fial R. Kerboriou, 1879 », à l’emplacement d’une ancienne chapelle
datant probablement du XVIIème siècle dont le pignon Ouest est remployé.
L’église s’opposa à sa bénédiction et se furent deux évangélistes
protestants de Trémel qui célébrèrent l’office religieux pendant plus de 20
ans.
Cette chapelle et sa fontaine de
dévotion associée, sont invoquées pour la
guérison de plaies et panaris, furoncles : la fontaine était autrefois
pleine de clous, éléments qui ont été utilisés avec succès à percer la partie
du corps infectée.
Un pardon y
est célébré chaque année le jeudi de l'Ascension. Saint Kirio
est également
honoré à Morlaix (Ploujean) et à Trédrez.
On ne peut pas ignorer la fontaine de dévotion
toute proche.
Elle a été
restaurée en 1989. Intégrée au mur qui servait d'enclos, elle présente
un bassin circulaire entaillé d'un goulotte d'évacuation du trop plein qui
s'écoule dans la vallée en aval. Il n'y a plus de clous dans le bassin
signifiant que le rite est abandonné ou plus raisonnablement que la légende
de guérison de plaies et panaris, furoncles s'est estompée.
Au
sommet de la colline côté droit, altitude 224 mètres, se trouve un énorme rocher
naturel, une sorte de
menhir inversé permettant au Saint Kirio de se loger en dessous. Ce rocher
porte son nom : Roc'h Kirio dont voici décrite ci-dessus sa
petite histoire :
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A l’aube des migrations bretonnes, l’ascète Kirio
(Kiriaw - Kirioù - Kémo - Quirio), compagnon de Saint Efflam,
bien connu à Plestin les Grèves, fait de ce site isolé son
penity (ermitage).
La « Roc’h Kirio » ou rocher de Saint Kirio,
présente deux particularités : d'une part, une croix de fer est
présente en son sommet et d'autre part, un autel de plein air
est matérialisé à même la roche. Autrefois, une échelle
métallique permettait d’accéder au sommet du gros rocher.
Quelles croyances et pratiques ancestrales
pouvaient être attachées à cette grande pierre plurimillénaires
pour que l’église y opère cette onction chrétienne alors même
qu’une chapelle dédiée également à Saint Kirio est présente à
quelques distances en contrebas dans la vallée ?
Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne,
l’église s’éleva contre la persistance de rituels jugés païens.
De nombreux conciles œcuméniques dénoncèrent les pratiques
superstitieuses attachées aux pierres, arbres et sources
ordonnant leurs destructions, leurs enfouissements ou leurs
déplacements auprès de lieux saints conventionnels. Faute de
pouvoir extirper ces superstitions des mentalités, l’église à
détourné et à assimilé ces croyances autour des pierres par
l’adjonction de signes religieux.
En Bretagne, la tradition populaire a désormais
largement intégré les pierres qui ont engendré moult légendes
et coutumes encore vivaces et vivantes de nos jours. Valorisées comme objets
culturels, elles conservent un caractère sacré. |
22
janvier 2020
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